mardi 9 mai 2017

"Si on va dans le mur, on ira en chantant" (petit focus sur l'engagement)

Salut chez vous, chers amis curieux de la transition ! Ici madame Castor. 
L'article que je vous ai concocté aujourd'hui ne parlera ni de recette, ni d'astuce zéro déchet, il sera en réalité tout à fait personnel, mais j'espère que vous y trouverez tout de même un intérêt.

Aujourd'hui, je voulais m'attarder sur la notion d'engagement. Il n'est pas rare que les gens me disent au détour d'une conversation : "toi, en matière d'écologie, tu es engagée!". Pourtant, je n'ai pas le sentiment de faire des choses exceptionnelles, je n'ai pas le sentiment d'être dans le militantisme comme certains pourraient l'entendre. 

Jusqu'à un âge assez avancé, j'ai cru que l'engagement, qu'il soit politique, associatif ou encore religieux, n'était pas pour moi. Je suis une personne de nature discrète, pas vraiment du genre à faire des esclandres, pas du genre protestataire non plus, bref, je ne courais pas les manifs. Jamais je n'ai eu envie d'adhérer à un parti politique, ou de militer pour telle ou telle cause. Sûrement parce que ce n'était pas quelque chose de courant dans ma famille, mais aussi parce que je ne me sentais pas particulièrement légitime pour être la voix d'une cause ou d'une conviction. Je laissais cela à d'autres qui le faisaient très bien.

Et puis je suis devenue maman. Une maman anti-lingettes, anti-blédina/nestlé/mustela/pampers, aux côtés d'un monsieur Castor lui aussi anti tout ça. Avoir la responsabilité d'un petit être si vulnérable qu'un nourrisson (et le nôtre, avec son petit kilo et demi, ses 6 semaines d'avance et son foie paresseux, l'était d'autant plus...) bouleverse les habitudes, les certitudes... et force à faire des choix. Il était assez évident pour nous qu'on n'utiliserait pas (en tout cas le moins possible) de produits cracra pour nourrir et laver nos enfants.
Je ne le savais pas, mais déjà, je m'étais un peu "engagée".

L'entrée dans le mode de vie zéro déchet a été un virage supplémentaire. En réalité, c'est ce changement dans notre quotidien qui nous a fait basculer dans ce qu'on appelle aujourd'hui "la transition".
Je n'entrerai pas dans le détail de ce virage, puisque tout le contenu du blog l'explique, finalement !

Aujourd'hui, quand je me distancie un peu et que j'observe la presque trentenaire que je suis, je réalise que même si je ne me considère pas comme exemplaire, même si je sais qu'on a encore une foule de progrès à faire, je suis, c'est vrai, engagée.
Fait très étonnant, l'ex grande timide sans trop de convictions que j'étais il y a encore quelques années s'est métamorphosée en 3 ou 4 ans en une personne qui n'a pas peur d'être différente, de faire partie d'une minorité, qui a des convictions, qui ne craint pas d'en parler en public. L'engagement, qui ne m'intéressait pas autrefois, est devenu une nécessité, et s'est manifesté au travers de la création de l'association (Ter(re)tous Transition).
Citation de Gandhi (source)

Si ce changement a été possible, c'est sans aucun doute parce qu'à un moment, j'ai été confrontée, je dirais même NOUS avons été confrontés (car c'est vraiment une démarche qui lie notre couple) à l'absurdité de notre vie d'hyper-consommateurs. Nous avons touché le fond et avons eu besoin de retrouver le sens de notre vie
Aujourd'hui, je suis engagée parce que j'ai trouvé ma cause. J'ai trouvé LA cause. 

La cause qui m'anime, ce n'est plus d'engraisser Auchan, Carrefour and co pour remplir mes placards d'inutile et combler le vide de mon existence. C'est au contraire d’œuvrer avec le pouvoir qui est entre mes mains pour une société différente, plus respectueuse de la nature et de l'humain, plus démocratique, où chacun de nous se réapproprie son existence en étant plus autonome, en n'ayant pas peur de l'autre. Ma cause, ce n'est pas "juste" acheter bio et continuer à dépenser des sommes folles dans du superflu. C'est me changer intérieurement, être plus bienveillante envers les autres, et envers moi aussi. C'est m'ouvrir à la multitude, à la diversité. C'est lâcher prise, arrêter de vouloir tout contrôler, surtout pas les autres, d'ailleurs. C'est être plus positive, et faire confiance. Ma cause, c'est de ne plus contribuer à ce qui me paraît être un suicide collectif opéré par une bonne partie de l'humanité, enfin, surtout une bonne partie des occidentaux (et de leurs dirigeants...). C'est accepter d'être une minorité, c'est agir pour ce qui me semble juste, et le faire dans la joie et l'amour. 

A vous qui ne vous êtes jamais engagé(e)s, peut-être n'avez vous tout simplement pas encore trouvé votre cause ?


3 commentaires:

  1. Ton article me parle beaucoup, madame Castor ! Je me suis dit justement il y a peu que moi qui m'étais toujours trouvée "sans passion", j'avais trouvé la mienne dans le zéro déchet et la transition en général. Comme toi, je suis désormais bien plus ouverte, bien moins timide, ... ça doit être parce que dans le ZD, on ne rencontre jamais que des gens ultra sympa ! ;)

    RépondreSupprimer
  2. Je me reconnais totalement dans le dernier paragraphe. S’intéresser au bio, pour moi ça a été comme commencer à tirer sur un fil, et détricoter petit un petit toutes les (mauvaises) habitudes du quotidiens, s’éveiller sur la vie, les échanges, les rencontres, positiver, finalement tout simplifier :)

    RépondreSupprimer
  3. Il est beau ce texte. Cette notion que chacun doit trouver sa cause et dès lors l engagement sé fait naturellement.

    RépondreSupprimer